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Assurance de protection juridique : la prise en charge des honoraires de la médiation

  • il y a 2 minutes
  • 7 min de lecture

Les litiges peuvent rapidement devenir longs, coûteux et difficiles à gérer, qu’ils concernent un voisin, un professionnel, un employeur, un bailleur, un assureur ou encore un membre de la famille. Dans ce contexte, l’assurance de protection juridique constitue un accompagnement utile pour défendre ses droits et rechercher une solution amiable.


Parmi les prestations proposées figure parfois la prise en charge des honoraires liés à une médiation. Cette garantie permet à l’assuré de tenter de résoudre un différend avec l’aide d’un tiers neutre, sans engager immédiatement une procédure judiciaire. Toutefois, cette prise en charge dépend des conditions prévues au contrat.



Qu’est-ce que l’assurance de protection juridique ?


L’assurance de protection juridique a pour objectif d’accompagner l’assuré lorsqu’il est confronté à un litige. Selon les contrats, elle peut notamment prévoir :


- une information et une orientation juridique ;

- une analyse de la situation et des droits de l’assuré ;

- une aide à la recherche d’une solution amiable ;

- la prise en charge de certains frais d’avocat, d’expertise ou de procédure ;

- l’assistance lors d’une médiation ou d’une conciliation ;

- la représentation de l’assuré devant certaines juridictions.


Cette garantie peut être souscrite dans un contrat spécifique ou être incluse dans une assurance habitation, automobile, professionnelle ou bancaire. Son étendue varie fortement d’un contrat à l’autre.


Il est donc essentiel de distinguer la simple garantie de « défense-recours », souvent limitée à certains événements, de la protection juridique plus générale, qui peut couvrir un éventail plus large de litiges de la vie privée ou professionnelle.


La médiation : une solution amiable au litige


La médiation est un processus volontaire ou, dans certains cas, proposé ou imposé avant la saisine d’un juge. Elle fait intervenir un médiateur indépendant et impartial, dont le rôle est d’aider les parties à dialoguer et à rechercher elles-mêmes un accord.


Le médiateur ne tranche pas le différend comme le ferait un juge. Il ne prend pas parti et ne peut généralement pas imposer de solution. Son intervention consiste notamment à :


- rétablir le dialogue entre les parties ;

- identifier les points de désaccord ;

- clarifier les intérêts et les besoins de chacun ;

- explorer différentes solutions ;

- formaliser, lorsque cela est possible, un accord.


La médiation peut être particulièrement adaptée aux conflits dans lesquels les parties souhaitent préserver une relation : litiges entre voisins, différends familiaux, conflits entre associés, désaccords commerciaux, difficultés entre un client et un professionnel, difficulté relationnelle en entreprise.


Les honoraires de médiation


La prise en charge des honoraires de médiation n’est pas automatique. Elle dépend des garanties souscrites et des stipulations du contrat de protection juridique.


Lorsque la médiation est couverte, l’assureur peut prendre en charge tout ou partie :


- des honoraires du médiateur ;

- des frais de réunion ou de séance ;

- des frais de rédaction d’un protocole d’accord ;

- des frais d’avocat intervenant dans le cadre de la médiation ;

- des frais d’expertise nécessaires à la résolution du différend.


Cette prise en charge peut être prévue selon plusieurs modalités. L’assureur peut, par exemple, régler directement le médiateur, rembourser l’assuré sur présentation d’une facture ou intervenir dans la limite d’un plafond fixé par le contrat.


Dans certains cas, les frais sont partagés entre les parties. L’assurance peut alors couvrir la part revenant à son assuré, sous réserve des conditions et limites applicables.


Les principales conditions de prise en charge


Avant d’engager une médiation, l’assuré doit généralement vérifier plusieurs éléments.


1. Le litige doit entrer dans le champ de la garantie


Le contrat peut exclure certaines matières, comme les litiges liés au divorce, à la construction, à la fiscalité, à une activité professionnelle ou à certains investissements. D’autres contrats prévoient au contraire des garanties spécifiques pour ces domaines.


Il convient donc de vérifier précisément les exclusions et les extensions de garantie.


2. Le litige doit être postérieur à la souscription


La protection juridique couvre en principe les litiges dont le fait générateur intervient après la souscription du contrat, sous réserve des éventuels délais prévus. Un différend déjà connu au moment de la souscription peut être exclu.


Certains contrats prévoient également un délai de carence pendant lequel la garantie ne peut pas encore être mobilisée pour certains types de litiges.


3. L’assureur doit être informé avant toute démarche


L’assuré doit généralement déclarer le litige à son assureur dès qu’il en a connaissance. Il est préférable de le faire par écrit, en exposant les faits, les coordonnées de l’autre partie et les documents utiles.


Une médiation engagée sans l’accord préalable de l’assureur peut ne pas être remboursée, notamment si le contrat prévoit que l’assuré doit respecter une procédure de déclaration ou obtenir une validation préalable.


4. Le médiateur doit parfois être agréé ou accepté


Certains contrats exigent que le médiateur soit désigné par l’assureur, choisi sur une liste déterminée ou accepté préalablement. D’autres laissent davantage de liberté à l’assuré, sous réserve du respect du plafond de remboursement.


Cette question doit être clarifiée avant la première séance.


5. Un plafond peut s’appliquer


La prise en charge est souvent limitée par :


- un montant maximum par litige ;

- un plafond annuel ;

- un nombre maximal de séances ;

- un tarif horaire ou forfaitaire maximal ;

- une franchise restant à la charge de l’assuré.


Le contrat peut également distinguer les frais de médiation des honoraires d’avocat, chaque catégorie disposant de son propre plafond.



Médiation judiciaire et médiation conventionnelle


Il faut distinguer deux situations.


La médiation conventionnelle


  • Elle est organisée à l’initiative des parties, avant ou en dehors de toute procédure judiciaire. Les parties choisissent généralement le médiateur et définissent les modalités de son intervention.


  • Les frais sont habituellement répartis entre elles, sauf accord différent. La protection juridique peut prendre en charge la part de l’assuré, selon les garanties souscrites.


La médiation judiciaire


  • Elle intervient dans le cadre d’une procédure déjà engagée devant un tribunal. Le juge peut proposer ou ordonner une médiation et désigner un médiateur.


  • La rémunération du médiateur est alors fixée selon les modalités prévues par la décision ou le cadre applicable. Elle est généralement avancée ou répartie entre les parties. Là encore, l’assurance de protection juridique peut intervenir si le contrat couvre ces frais.


Dans les deux cas, il est recommandé de contacter l’assureur avant d’accepter la médiation ou de régler une provision.


Le libre choix de l’avocat


Lorsque la médiation implique l’assistance d’un avocat, l’assuré bénéficie généralement du libre choix de celui-ci, conformément aux règles applicables à la protection juridique. L’assureur ne peut pas imposer son avocat, même s’il peut proposer les coordonnées d’un professionnel.


En revanche, la prise en charge des honoraires reste encadrée par le contrat. Si les honoraires dépassent le plafond garanti, le complément demeure à la charge de l’assuré, sauf accord particulier avec l’assureur.


Il est donc conseillé de demander au préalable :


- le montant du plafond applicable ;

- les modalités de remboursement ;

- la nécessité d’une convention d’honoraires ;

- la part éventuellement laissée à la charge de l’assuré.


Que se passe-t-il en cas d’accord ?


Si la médiation aboutit, les parties peuvent formaliser leur accord par écrit. Ce document peut prendre la forme d’un protocole transactionnel ou d’un accord de médiation.


Avant de le signer, il est prudent de vérifier :


- que les obligations de chaque partie sont clairement définies ;

- que les délais d’exécution sont précisés ;

- que les conséquences d’un non-respect de l’accord sont prévues ;

- que l’accord règle bien l’ensemble du litige ;

- qu’il ne contient pas de renonciation excessive à certains droits.


L’assuré peut demander l’avis de son assureur ou de son avocat avant de signer. Dans certaines situations, l’accord peut être soumis à l’homologation du juge afin de lui donner une force exécutoire.


Que faire en cas de refus de prise en charge ?


L’assureur doit expliquer les motifs de son refus. Celui-ci peut être fondé sur une exclusion, un litige antérieur à la souscription, un dépassement de plafond ou l’absence de déclaration préalable.


L’assuré peut alors :


1. demander une confirmation écrite du refus ;

2. relire les clauses du contrat et les conditions générales ;

3. solliciter le service réclamations de l’assureur ;

4. produire des documents complémentaires ;

5. saisir, si nécessaire, le médiateur de l’assurance.


Le désaccord sur l’opportunité d’une action ou d’une médiation peut également relever des mécanismes de règlement prévus dans le contrat de protection juridique.


Les avantages de la prise en charge de la médiation


La couverture des frais de médiation présente plusieurs intérêts :


- elle limite le coût d’une démarche amiable ;

- elle facilite l’accès à un professionnel neutre ;

- elle peut éviter une procédure judiciaire longue ;

- elle permet souvent de préserver les relations entre les parties ;

- elle offre un accompagnement juridique dans la préparation du dossier ;

- elle peut accélérer la résolution du litige.


La médiation n’est toutefois pas adaptée à toutes les situations. Elle suppose une volonté minimale de dialogue et ne constitue pas toujours une solution appropriée en cas d’urgence, de violence, de fraude manifeste ou de déséquilibre trop important entre les parties.



Les bons réflexes avant d’engager une médiation


Pour éviter les mauvaises surprises, l’assuré doit :


- consulter son contrat de protection juridique ;

- déclarer rapidement le litige à l’assureur ;

- demander une confirmation écrite de la prise en charge ;

- vérifier l’identité et les conditions d’intervention du médiateur ;

- connaître les plafonds, franchises et exclusions ;

- ne pas régler de frais importants sans accord préalable ;

- conserver les factures et justificatifs ;

- faire relire tout projet d’accord avant signature.


Conclusion


L’assurance de protection juridique peut contribuer efficacement au financement d’une médiation et à la résolution amiable d’un litige. Toutefois, la prise en charge des honoraires dépend toujours du contrat : nature du différend, date de survenance, déclaration préalable, choix du médiateur, plafonds et exclusions.


Avant toute démarche, il est donc essentiel de contacter l’assureur et d’obtenir une confirmation précise des frais couverts. Bien utilisée, la protection juridique permet de bénéficier d’un accompagnement professionnel tout en limitant le coût et la durée du règlement du litige.


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